Je tiens cette expression d'étable à engraisser les veaux (Veal Fattening Pen) de Douglas Copland dans son Generation X, et à vrai dire cet icône d'ordinateur, si je me souviens bien, est scanner dans une définition démente depuis une image grande comme un timbre poste dans les marges de Generation X, images que j'ai du coup faite mienne et que j'ai un peu accommodée à toutes les sauces. S'il y a bien une chose aux premières loges de laquelle je me suis retrouvé c'est l'évolution depuis presque ses débuts de l'outil informatique, le modèle représenté sur ce schéma ressemble beaucoup à un terminale passif de chez IBM, un 3278 comme on disait dans le jargon, au devant du clavier de ce terminal se trouvait une manière de rigole qui était bien pratique pour ce qui était de poser son mégot, parce que oui on a longtemps fumé en salle. J'ai donc aussi connu la fin des écrans, non seulement cathodiques, mais même les plats ont disparu des open space au profit des ordinateurs portables que chacun et chacune apportent, au point que les open space ont fini par se vider, je me souviens de l'un d'eux à IBM MLV qui n'était plus qu'une salle avec des rangées de tables et chacun et chacune s'y asseyaient par ordre d'arrivée dans cet espace évidemment sans chaleur. Je me souviens que mon dernier bureau chez IBM était dans ma chambre, en télétravail donc, ce qui m'a conduit, à la fois l'absurde de cette situation, mais aussi le stress terrifiant que c'était de travailler à la maison et d'avoir le sentiment de ne plus faire que cela, à arrêter de travailler, tout simplement.
Naturellement j'ai gardé un ou deux contacts de personnes qui sont encore coincées dans de tels espaces, aussi bien ceux aux tables vides, que chez eux, et ce que ces personnes me décrivent désormais de leur quotidien est de moins en moins compréhensible par moi. Qui donc a connu les cartes perforées, tout du moins le fin d'icelles.
Veal Fattening Pen
Clerrmont-Ferrand, 2010
Images numériques