Je me remets très doucement à la photographie. Je me suis donné de nouvelles règles. Très peu d’images. Toujours arranger un peu les choses — toucher ce que je photographie, marcher sur un chemin c'est le toucher, jeter une pierre ou un bâton dans la rivière c'est la toucher, tirer un rideau, essuyer un écran, déplacer un objet, manger un fruit, compter des boutons ou des cailloux, marcher, ranger ses outils, boire un verre d'eau, arroser une plante pour qu'elle pousse, faire son lit, laisser une veilleuse allumée pour son enfant, jouer, même mal, de la guitare, cueillir une feuille de ginkgo pour faire un marque-page, arracher une page de magazine, soulever une bâche, cueillir des champignons et faire glisser une pierre sur un étang gelé ce sont des moindres gestes. S’appliquer sur chaque image. Se laisser guider uniquement par le plaisir. Ne pas en faire tous les jours. En faire autant que je veux. Recadrer, modifier, retoucher. Pas d’effets de série. Pas de collages. Pas d’images animées. Ne pas dater. Ne pas contextualiser. Bref faire tout le contraire de ce que je faisais jusque là, non par esprit de contradiction, mais dans l’espoir de produire des choses nouvelles. Ça s’appelle les les Moindres gestes
Mon regard affamé, saison 12, les moindres gestes
Fontenay-sous-Bois, 2017
Images numériques