Vladimir le disque dur
Vladimir

Back to the tree

Un cahier des charges

Le Bouchet de la Lauze, 2026

Aux tout débuts du Désordre, site internet pour lequel je suis finalement connu, il y avait la volonté de produire un portfolio de mon travail photographique, c’était vraiment ma première intention mais, une chose en entrainant une autre, m’appliquant notamment sur le réactionnel qui était alors primordial pour tout site internet, mais aussi sa navigation, ce qui, de même, à l’époque, il y a un quart de siècle, un peu plus, était un enjeu majeur, j’ai fini par créer un site qui a, certes, ses qualités, notamment pour ce qui est de rendre désespérantes ses visites, mais qui me fait passer pour un artiste que je ne suis pas, à savoir un écrivain qui prend des photographies plutôt séduisantes ― surtout pour un écrivain, la barre est basse. En vrai je suis plutôt un photographe qui écrit des livres qui sont pas mal, mais de tels efforts d’écriture ne sont pas, pas à mon sens, à la hauteur de mon travail de photographe, travail qui, de fait, un quart de siècle plus tard donc, est passé complètement inaperçu. Et j’en viens à me demander si ce n’est pas du fait même de mon site internet. Le Désordre, si aptement nommé.

J’aimerais donc tenter de réparer cette erreur, même tardivement ― je suis officiellement à la retraite ―, à la fois remettre mon travail de photographe au centre de ce que je produis notamment sur internet et, ce faisant, dresser une manière de catalogue raisonné ― c’est-à-dire selon la définition du dictionnaire : l' inventaire le plus complet possible de toutes mes œuvres ― de ce travail photographique et plastique.

Pour parfaire le distinguo entre le Désordre et Back to the tree(1) (nom que j’aimerais donner à ce nouveau site internet), j’aimerais que là où le Désordre est, par essence, labyrinthique et touffu, Back To The Tree soit au contraire un exemple de rangement rationnel et de catalogue raisonné, et raisonné au propre comme au figuré.

Et, à vrai dire, l’exemple que j’aimerais suivre pour cette organisation est celui du rangement de mon travail photographique sur mon disque dur, Vladimir, mon disque dur s’appelle Vladimir(2). C’est-à-dire une approche essentiellement chronologique ― tous les dossiers contenant les œuvres sont classés par leur date qui est le préfixe de leurs noms de dossier, il y a même un dossier, c’est le premier, qui est préfixé 1977(3) ―, mais aussi exhaustive ― les différentes variantes d’une même idée de départ étant généralement enchâssées les unes dans les autres, selon une arborescence qui confine aux radicelles ―, de telle sorte que toute personne visitant le site puisse fouiller jusqu’au fond de tous les tiroirs ― synonyme informatique, un peu désuet, de « répertoire » ou « dossier » ― qui l’intéressent.

J’aimerais que les images ― essentiellement les photographies ― soient mises en avant et que le rédactionnel qui les accompagne soit succinct et le plus concis possible ― ce qui sera une gageure pour l’écrivain, fût-il photographe, que je suis.

J’aimerais que la navigation qui prime dans le site soit celle de l’arborescence, cela ne veut pas dire que je ne veux pas que des séries ne communiquent pas entre elles, mais que lorsque l’on passe de l’une à l’autre cela opère comme cela se passe par exemple dans tout logiciel de rangement d'images, que ce soit l’architecture de l’arborescence qui prime et non celle chaotique d’une certaine forme d’errance qui aura donc été la marque de fabrique du Désordre.

Il existe autant de possibilités d’affichage de la page d’accueil du Désordre que d’atomes d’hydrogène que l’on pourrait loger dans l’univers connu. J’aimerais que dans Back To The Tree, il n’y ait qu’un chemin de navigation possible, le bon.




Ce site a été entièrement dessiné (d'après mes croquis rudimentaires) et codé par Maxime Gisson (with a little help from my friend Julien Bidoret, tous mes amis s'appellent Julien)

6 dossiers et 1 image