Rue Monsieur Le Prince est le titre d'un morceau d'Ornette Coleman, il existait de fait un club de jazz dans la rue, le Monsieur le Prince, dans lequel Ornette Coleman et tant d'autres ont joué (Ornette Coleman quand on y pense !)
C'est aussi là, au fond de la cour du 22, rue Monsieur le prince, que Robert Doisneau a appris la photographie chez un photographe du nom d'André Vigneau, le labo-photo d'André Vigneau étant adossé à une imprimerie dont les vibrations des rotatives étaient singulièrement gênantes pour les agrandissements. En fait c'était tout l'atelier et le studio d'André Vigneau qui tremblait toute la journée.
Et c'est aussi au 24 de la rue Monsieur le Prince que Malik Oussekine a été tabassé à mort par des voltigeurs en marge des manifestations étudiantes de décembre 1986 (auxquelles, jeune homme, étudiant aux Arts Déco, j'ai largement pris part).
C'est précisément en sortant du Monsieur le prince que Malik Oussekine, jazz aficionado, s'est retrouvé pris en chasse par les voltigeurs de Pasqua-Pandraud. Au bon endroit, le Monsieur le prince, au pire moment.
Rue Monsieur le prince
Paris, 1988
tirages aux sels d'argent et quelques prolongements numériques.